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La cage pour chien : prison ou solution ?

Paru dans les DNA le 03/09/2023

Nouvel accessoire à la mode, la cage pour chien est parfois même vendue avec le chiot par certains éleveurs. Pour certains humains, elle s'apparente à une prison ; pour d'autres, c'est un outil pratique qui évite bien des désagréments quand on laisse le chien seul à la maison. Alors qu'en penser ?

 

Evidemment les premières semaines de cohabitation avec un nouveau chien / chiot sont parfois rocambolesques : on attend de lui qu'il se tienne à carreaux et qu'il connaisse toutes les règles de la maison en un temps record. Parce que, c'est évident, rentrer après une journée de travail et constater que le chien a fait du petit bois avec le mobilier ou qu'il y a des déjections à l'intérieur, ne met personne de bonne humeur. Alors pourquoi pas prendre cette cage / caisse de transport : ça protège les meubles, ça limite le périmètre dans lequel le chien fait ses besoins et ça évite qu'il ingère n'importe quoi qui puisse s'avérer risqué pour sa santé. De ce point de vue là... qui est en fait celui de l'intérêt de l'humain, les voyants sont au vert. Et quand certains éleveurs, sans plus de mises en garde ou de recommandations, vendent la cage avec le chien, en tant que néophyte, on peut être tenté de penser que c'est donc une bonne solution.

 

Et c'est vrai que ça peut être le cas, mais seulement dans les conditions suivantes :

  1. la cage ne dispense pas d'apprendre progressivement au chien à rester seul. Certains dégâts faits en l'absence des humains sont dus au stress ressenti par le chien qui est, rappelons-le, une espèce sociale et qui donc n'a pas vocation à rester seul des heures entières. L'enfermer dans la cage ne réduira en aucun cas son stress et une habituation par étapes à rester sans ses humains est indispensable pour qu'il soit à l'aise, même seul à la maison.

  2. Une habituation est nécessaire en amont avant d'enfermer le chien et de partir. La cage peut être un endroit refuge, un endroit où le chien se sent bien et où il va de lui-même quand elle est en accès libre, porte ouverte, même quand ses humains sont présents. Mais pour en arriver là, tout un travail en amont doit être mené : ne jamais le forcer à rentrer, y mettre des friandises ou y déposer sa gamelle à chaque repas, ne jamais le déranger quand il est à l'intérieur, ne pas refermer la porte pendant les premiers jours / semaines. Bref, ce n'est pas un outil magique qui peut être acheté et utilisé du jour au lendemain sans travail préalable.

  3. le temps à l'intérieur doit être limité : optez plutôt pour une cage de grande taille, au delà de ce qui serait nécessaire pour un transport, histoire qu'Obélix ne s'y sente pas à l'étroit. Mais dans tous les cas, gardez à l'esprit que cet espace est tout à fait restreint : en voiture, en train ou en avion, quand nous devons passer 6h ou 12h à notre place sans nous dégourdir les jambes, la position devient très inconfortable et le peu de marge que nous avons ne nous permet pas de nous y sentir bien. Il en est évidemment de même pour nos chiens. Un chien ne devrait pas passer plus de 4h par jour en cage.

  4. La cage ne peut être utilisé que si tous ses besoins ont été préalablement comblés : sortir le chien le matin pour qu'il fasse ses besoins pendant 10mn puis le mettre en cage pour 4h est inenvisageable. Pour que la cage ne s'apparente pas à un sacerdos, ne demander au chien d'y aller que lorsqu'il a mangé, fait ses besoins, s'est suffisamment défoulé et a besoin de se reposer un peu. Alors avec de quoi s'occuper / mastiquer (toute friandise naturelle séchée type oreille de boeuf, nerfs, sabots... à adapter selon la taille du chien) sera probablement appréciée et ainsi la cage deviendra un refuge réconfortant où il pourra rogner en toute transuilité avant de faire un petit somme.

 

Enfin, si vous disposez d'une petite pièce avec lumière du jour (salle de bain, buanderie...), il est aussi possible de faire le même travail qu'avec la cage et cela permettra au chien d'avoir quand même plus d'espace tout en limitant les dégâts possibles.

Colette CUENOT

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