En 2022, je baisse le son

Paru dans les DNA le 16/01/2022

Une récente étude américaine par l'Université de Californie – Davis a démontré l'impact délétère des bruits électroniques du quotidien chez nos chiens.

 

Ils reconnaissent le moteur de votre voiture au bout de la rue, entendent un mulot enfoui à 30cm sous terre, repèrent entre 1000 l'emballage du fromage : on sait depuis bien longtemps qu'ils ont une ouïe beaucoup plus fine que la nôtre - disons-le clairement, nous sommes un peu durs de la feuille, si on demandait leur avis à nos chiens !

 

La sonnette du micro-ondes, le système anti-martre sous le capot de la voiture, le détecteur de fumées qui bipe quand les piles se vident, le robot ménager moderne, les téléphones... la liste des objets qui nous sollicitent à longueur de journée est longue.

Certains chiens sursautent, se lèchent la truffe ou aboient, d'autres sont réveillés brutalement, d'autres encore ne montrent plus grand chose, éventuellement des pupilles dilatées et palpitations cardiaques... mais ce n'est pas parce qu'ils ne montrent (presque) plus rien, qu'ils le vivent bien. Des expériences remontant aux années 1970 ont prouvé qu'en étant soumis à un stress répété et auquel le chien ne peut se soustraire provoque chez lui l'"impuissance acquise" : il se résigne et subit l'évènement sans plus tenter d'y échapper ou d'y réagir d'une manière quelconque puisqu'il a appris que c'était vain. Cependant, l'émotion reste identique et le stress toujours bien présent.

 

Pour en revenir à notre pollution sonore quotidienne, a priori, rien de grave me direz-vous... sauf quand ces sons quotidiens, à la fois inattendus et trop forts à leurs oreilles sensibles se répètent à longueur de journée ! De manière générale, le stress se manifeste d'abord par des signaux comportementaux mais à force de répétition, il peut engendrer des soucis de santé importants et durables : altération des capacités d'apprentissage, troubles dermatologiques ou cardio-vasculaires, ulcères, baisse de l'immunité...

 

Cette étude a aussi montré que beaucoup de propriétaires de chiens interprètent de manière erronée les réactions de leur chien et surtout sous-estiment leur état de stress : plus question d'en rire dorénavant, quelques mots réconfortants et une petite caresse permettra de diminuer leur anxiété.

 

Et s'il n'y avait pas que les chiens qui gagneraient à ce qu'on diminue le volume et la quantité de ces sons ? D'ailleurs, j'ai toujours trouvé gênant que le lave-linge me signale "j'ai finiiiii"...

Colette CUENOT